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Ce 08 mars 2019, on fête la journée internationale des droits de la femme. On voit partout que la femme est fêtée et chantée dans la presse et dans les réseaux sociaux. Mais, qu’en est-il de la réalité dans nos sociétés actuelles ?

Autrefois, la société était plus intelligente et le partage des rôles s’était fait de manière juste. Tout travail qui demandait de la force des bras était réservé aux hommes, et tout travail avec moins d’effort physiques réservé aux femmes. Ainsi, les métiers comme l’agriculture, la construction etc. étaient réservés aux hommes et tout travail moins pénible réservé aux femmes.  Cela dit, beaucoup d’activités réservées aux femmes restaient très pénibles. Aujourd’hui, avec les progrès de notre époque, beaucoup de métiers sont apparus qui ne demandent pas de forces physiques. Mais les femmes sont toujours cantonnées aux activités de la famille ou d’activités ingrates de la société. L’humanité devait être pus réaliste avec les femmes, c’est-à-dire donner à ces dernières la place qui devait être la leur, cette même place qu’occupe l’homme dans la société. Mais, son échec est là. La femme, qui doit avoir des droits et des devoirs pour une société juste et prospère, continue d’accomplir des obligations que ni la raison ni les textes sacrés ne lui ont assignée, mais par une société patriarcale avide de domination sur un genre vulnérable. Notre société africaine a réduit la femme à sa plus simple expression, en la cantonnant dans un rôle de subordination auprès de l’homme. Si on regarde de plus près dans nos sociétés africaines, particulièrement au Sénégal, le constat de la situation de la gent féminine est très alarmant.

Combien de femmes souffrent en silence dans un mariage malheureux mais décident d’y rester pour convenir à une société hypocrite. Cette société qui leur fait croire que l’aboutissement de leur vie est le mariage. Souvent dans un foyer avec des époux irresponsables qui leur font souffrir, les maltraitent ou les violentent, ces femmes décident de rester pour avoir cette bénédiction d’un mari pour avoir le fameux « seuy bou barké » (mariage beni). Avec cette croyance « ligueyou ndeye agnou dome», les femmes espèrent la bénédiction du mari qui sera pour elles le passeport de réussite pour leurs enfants. Un drôle de manière de voir la réussite d’un mariage !

Combien de femmes souffrent en étant dans un mariage avec des belles familles horribles, ces mamans, sœurs et frères d’époux qui font des vies de couple un enfer. Pourtant, à ce que je sache, un mariage devait concerner uniquement les deux époux (exagérons un peu).  Sortez-moi un seul texte coranique ou biblique où d’un autre texte sacré qui dit que c’est l’épouse qui doit s’occuper de sa belle-mère, de son beau-père ou de ses belles-sœurs et beaux-frères. Combien de mariages ont volé en éclats à cause des belles familles indélicates?

Combien de femmes sont victimes de violences sexuelles, parfois de très jeunes filles innocentes à fleur de l’âge. Des jeunes filles sont violées tous les jours dans ce pays. Beaucoup de jeunes filles verront leur enfance volée et leur vie brisée à jamais. Le plus grave, il arrive que leurs bourreaux ne soient pas inquiétés par la justice à cause des petits arrangements de famille ou de voisinage. Combien de jeunes filles sont victimes d’excision, de mariage précoce. Des pratiques très dangereux pour leur santé ?

Combien de femmes souffrent dans un ménage avec un mari volage et coureur de jupon. Officiellement, au nom d’une possibilité de polygamie, le mari se permet de passer tout son temps à faire la cour à d’autres femmes, au vu et su de tous. C’est ce même mari irresponsable qui pourrait être un « Samb Hallar », n’assurant pas le minimum vital à sa femme, mais se permet de dépenser des fortunes pour d’autres filles. Et la femme, malgré qu’elle soit blessée et humiliée, refuse de quitter ce mari pour être dans les convenances de la société. Combien en souffrent dans cette société sénégalaise?

Combien de femme ont quitté l’école ou n'ont pas été à l’école pour aider leur famille dans les  tâches quotidiennes, alors qu’une bonne et intelligente répartition des tâches ménagères de la maison entre parents( époux et épouse) et enfants(filles et garçons) aurait permis à tous les enfants d’étudier et s’occuper de la maison, à la fois. Mais, hélas les garçons ne font pas de tâches ménagères. C’est très mal vu dans notre société encrée dans un conservatisme traditionnel. Et les jeunes filles en sont les victimes.

Combien de femmes ont arrêté leur carrière professionnelle ou leur étude supérieure pour s’occuper de leur ménage ou de leurs enfants. Si c’est un choix concerté et pour le bien de tous, nous disons oui, mais si c’est un choix unilatéral et imposé, nous pouvons penser que c’est très grave.

Combien de femmes sont dans les marchés, garages publiques, et tout autre lieu public pour mener des activités économiques qui leur permettent de nourrir leurs familles. Et, pendant ce temps, leurs maris irresponsables sont dans les « grands-places » en train de jouer aux cartes ... et leurs enfants majeurs sous les arbres à palabres en train de boire du thé. C’est une réalité établie. N’était-il pas plus logique que ces pères de famille et jeunes garçons assurent les tâches ménagères pendant que les femmes sont dans les lieux publics pour chercher quoi nourrir leurs familles ?

Avec diligence, le combat féministe doit être mené, mais ce combat doit être porté par un leadership féminin aidé par les hommes soucieux d’un monde plus juste. Les temps ont changé, notre époque aussi, donc nous devons changer nos mentalités et sortir de ce conservatisme qui nous mène vers un déclin. Nous vivons dans un monde globalisé, et partout les femmes participent dans la construction de leur pays. Alors, comment voulons-nous parler d’un Sénégal émergent, si on décide de laisser les femmes occuper les activités les plus ingrates de la société ou les réserver exclusivement aux tâches ménagères de la famille ? Nous devons les mettre en avant pour qu’elles puissent occuper les mêmes responsabilités que les hommes sur tous les secteurs clés de la société.

Djim DIOP