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La campagne électorale bat son plein et cette deuxième semaine est très mouvementée, avec des évènements tragiques qui ont causé la mort de deux personnes. Cinq candidats sont en lice et se livrent une bataille très acharnée pour convaincre les sénégalais. On a vu des percées, des décrochages et des révélations.
Ousmane Sonko: Après une première semaine très timide, Sonko a connu une deuxième semaine avec une bonne percée en termes de mobilisation. Il est revenu en force avec des fortes mobilisations dans le sud, son fief politique, et dans l’est du pays où il a tenu des meetings. Il a fait des déclarations poignantes pour la paix et le désenclavement de la Casamance. N’ayant pas le soutien de grands partis, ni de grandes figures politiques, il axe sa communication uniquement sur l’électorat, particulièrement celui des jeunes. N’oublions pas que les jeunes représentent plus de 60% de l’électorat, donc il y a une vraie carte à jouer avec eux. Dans ses discours, il critique directement Macky Sall et son régime, liste les potentialités des villes où il fait des meetings et déroule son programme.
Madicke Niang: longtemps taxé de pion de Macky, Madické s’est révélé aux sénégalais sur une autre facette, l’humour. On découvre en lui quelqu’un de bienveillant, drôle, bon vivant, un vrai « Domou Ndar », comme il se définit lui-même. Il a prononcé des phrases mythiques comme « Fi Todj Na», « Mane arreter na sama campagne bi », des expressions reprises dans les réseaux sociaux et qui ont fait Buzz. Avocat de métier, il a été ministre pendant dix ans, à de différents portefeuilles, donc il connait bien les arcanes de l’Etat. Sa sympathie naturelle, son humour lui garantissent la sympathie des sénégalais. Donc, il a réussi une bonne opération de communication, mais cela ne sera pas suffisant. Il a beaucoup percé dans cette deuxième semaine et s’il y a deuxième tour, il aura son rôle à jouer.
Macky Sall: Après une première semaine avec de grandes mobilisations, Macky continue à mobiliser dans le Sine-Saloum, Ndoucoumane …. Le dicton wolof qui dit « Dollé doxul jammu » est taillé pour lui, dans cette élection. Malgré ses deux déclarations malheureuses et très maladroites sur la Casamance et sur la mort des gendarmes, il garde toujours le cap et continue à drainer les foules. Après avoir eu le soutien des chefs religieux et coutumiers du pays, Macky a les plus grands chanteurs (Youssou Ndour, Pape Diouf, Viviane,…) , les plus grands lutteurs ( Eumeu Séne, Balla Gaye, Modou Lo,…) et les plus grands comédiens (Sanekh et ses amis,…) de ce pays. Si quelqu’un pense que cela ne représente rien pour un candidat, il ne mesure pas ce que représentent le divertissement et l’amusement, le fameux système LMD (Lutte Musique et Danse), dans ce pays. Je le dis et je le répète, celui qui a mis la meilleure stratégie de campagne, c’est Macky Sall. Bien évidemment, les moyens dont dispose le parti au pouvoir lui facilite les choses. Dans ses discours, il défend son bilan, annonce des perspectives et raille ses adversaires.
Issa Sall: s’il y a un candidat qui n’a pas marqué beaucoup de points dans cette deuxième semaine de campagne, c’est bien lui. Dans une confrontation entre sa garde rapprochée et des militants de BBY, les violences ont causé la mort de deux hommes, à Tambacounda. Ce qui a cassé complètement son bel élan de campagne qu’il avait depuis le début. Ce qui l’a obligé de suspendre un jour de campagne et de se fondre dans des explications. Malgré ces problèmes, il reste cohérent et pertinent dans ces propositions. Dans ses discours, il raconte son brillant parcours et ses réalisations et prône l’éthique et la morale dans la gestion de la chose publique.
Idrissa Seck: pour le candidat Idy, il n’y a rien de neuf sous le soleil. Il continue dans sa même dynamique avec des ralliements de politiques, Il fait des visites de proximités et des marches «Oranges», souvent accompagné de ses alliés politiques de sa coalition. On a vu les Khalifistes battre campagne dans les rues de Dakar, avec de fortes mobilisations. On a vu aussi d’autres leaders et de ses soutiens aller dans leurs fiefs battre campagne pour lui. Dans ses discours, il attaque Macky et déroule et explique son programme à son auditoire. Il doit continuer à croire à sa bonne étoile dans cette élection.
Et Wade: Après avoir appelé les sénégalais à bruler leur carte d’identité et à boycotter les élections, Wade a fini par accepter la réalité, les sénégalais ne l’ont pas suivi dans son projet que personne ne comprend les vraies et réelles motivations. Wade joue gros dans cette élection et le risque de voir son parti, le PDS mourir d’une belle mort est plus que d’actualité.
Je ne fais partie de ceux qui nuancent sur les mobilisations des candidats, en voulant nous faire croire qu’elles n’ont pas d’impact sur le résultat final de l’élection. Dans une manifestation politique, quand on réussit à mobiliser des personnes à venir chanter, danser et applaudir un candidat, pendant une journée entière, il ne serait pas difficile de convaincre ces mêmes personnes à voter pour ce même candidat. Voter est plus simple et facile que consacrer une journée à danser, chanter et applaudir. Donc, dans une élection au Sénégal, celui qui réussit à mobiliser le plus a plus de chance de la remporter.
Au Sénégal, le jeu politique est biaisé par beaucoup de paramètres, qui ne sont aucunement pertinents et qui déterminent le choix du citoyen : Il y a ce citoyen qui vote pour un tel candidat parce que son marabout le lui a demandé; il y a ce citoyen qui vote ou ne vote pas pour un tel candidat parce qu’il est ou pas dans la même ethnie ou tarikha que lui; Il y a ce citoyen qui vend son vote pour un billet de banque ou pour un sac de riz ; Il y a ce grand électeur qui vote et fait voter uniquement pour conserver ou avoir des privilèges. La liste est loin d’être exhaustive. Toutes ces considérations sont des freins pour une démocratie solide. Notre démocratie sera vraiment mature le jour où le choix du citoyen est déterminé uniquement par l’offre politique et la personnalité du candidat.
Djim DIOP
Citoyen Sénégalais
