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KM CIty, Notre fierte

Mettons à contribution ces quelques lignes au supposé scandale des 10 Milliards de dollars (affaire Pétro-Tim).
Ici au Sénégal, ça tire sur tous les bouts !
L’espace sociétal de ces quelques 15 millions d’habitants sénégalais se trouve, depuis quelques jours, plongé dans le maelstrom d’une gigantesque marée conflictuelle entre citoyens ou gouvernés d’une part et décideurs politiques et judiciaires ou gouvernants d’autre part. Ce cri au supposé scandale financier sur la gestion de nos ressources pétrolières et gazières silencieux au début avec les dénonciations de certains journalistes investigateurs appuyés par
des opposants politiques devient de plus en plus tonitruant depuis que les médiats étrangers à l’image du BBC se sont invités dans la danse en confirmant avec des données chiffrées l’existence d’un scandale financier de 10 milliards de dollars sur le contrat pétrolier signé par l’Etat du Sénégal et la société américaine Pétro-Tim.
Partant, il est à constater que depuis quelques semaines des dénonciations, accusations, contre accusations et arbitrages font florès dans les réseaux sociaux entre adversaires politiques mus
par des intérêts électoraux, ou entre gouvernants, gouvernés et journalistes épris d’un sens élevé de patriotisme ou plutôt contaminé par les effets pervers de la révolution impressionnante du numérique leur rendant ivre d’une audace débouchant de manière irréfléchie à des bêtises et accusations gratuites sur la toile, ou enfin entre administrateurs judiciaires et leurs supérieurs hiérarchique politiques liés par ce cordon ombilical les conduisant à mélanger avec cynisme
l’hémicycle du politique au temple de Thémis.
Quoiqu’il en soit, l’approche juridique voudrait que l’on s’y prenne avec tact et intelligence sur cette affaire tout en s’abstenant avec circonspection de juger coupable, à la hâte, un suspect jusqu’à
ce que sa culpabilité soit établie par une juridiction compétente.
A ce titre, l’article 25-1 de la loi constitutionnelle du 05 avril 2016 semble nous édifier sur la question en indiquant clairement que « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles
sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie.
L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien être de la population en général et à être écologiquement durables.
L’Etat et les collectivités territoriales ont l’obligation de veiller à l’obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier ». Dès lors, si l’administration judiciaire sénégalaise n’est pas atteinte d’une indigence chronique elle doit sans détour se saisir du dossier et nous éclairer le plus rapidement possible sur cette question d’une importance à la fois patriotique, démocratique, morale, économique, environnementale et juridique afin qu’aucune démarche de
sa partsur cette affaire ne laisse apparaitre l’existence de deux poids deux mesure où pire encore le traitement du dossier en une parodie judiciaire manifeste.
Par ailleurs pour une meilleure gestion de nos ressources naturelles, il semblerait que les propos du professeur Babacar KANTE sont toujours d’actualité avec sa brillante contribution à la gestion efficace et démocratique de ces dites ressources à travers son article
intitulé « Instabilité politique et reconstruction de l’Etat en Afrique : des vicissitudes du fédéralisme à un changement de paradigme », in Revue de réflexion des forces armées sénégalaises n° 46, décembre 2013, P : 36. Selon lui, « (…). La restauration de l’autorité des collectivités locales en matière de gestion des ressources naturelles, notamment est devenue un impératif… Pour remédier à ces disparités le plus souvent artificielles, le pouvoir central dans chaque Etat pourrait se limiter à élaborer une loi-cadre contenant les principes généraux devant régir l’accès aux ressources naturelles et leur exploitation. Chaque collectivité locale aura alors la charge de remplir ce cadre par des mesures en tenant compte de ses contraintes mais aussi de ses opportunités ».
Enfin bref, le principe de libre administration des collectivités territoriales et celui de la subsidiarité restent pour nous, la cheville ouvrière de l’opérationnalisation, en dernier ressort, économe, efficace, efficiente et démocratique de nos ressources naturelles.
D’ici là nous suivons avec intérêt l’évolution du dossier.
MAMADOU DIALLO, doctorant en droit public à l’UGB.