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Djim DIOP :  « Je suis acteur et témoin de cette aventure depuis le début et je peux vous dire que cette affirmation est fausse et mensongère ! »

Il fait parti de ces jeunes qui veulent faire bouger les choses et qui proposent une alternative pour leur localité, Keur Madiabel. Dans cet interview, Djim DIOP parle de leur démarche : sa genèse, les problèmes rencontrés, leurs motivations et leur projet pour leur commune. Il nous livre aussi son analyse des prochaines élections présidentielles

 

Qu’est ce qui explique votre engagement à Keur Madiabel alors vous êtes très loin du pays ?

Vous avez raison et comme vous le savez je suis un expatrié qui est loin de son pays et de sa commune. Mais tout le monde connaît mon attachement pour le Sénégal et plus particulièrement notre commune Keur Madiabel. Avec des amis nous avions créé une plateforme d'échange pour discuter du Sénégal. On a mis en place un bureau dirigé par un ami, Babacar Ndiaye. Avec cette plateforme, on parlait tout le temps politique et on est tous des passionnés de politique. A un moment donné, nous avons voulu apporter plus de sens à notre engagement en agissant sur le plan local. C’est dans cette optique qu’Ibrahima Biteye, qui est le premier adjoint à la mairie, est entré en contact avec nous et nous a exposé leur démarche lui et les autres qui l'accompagnent. Nous étions en phase sur beaucoup de points avec leur projet et nous avons décidé de cheminer avec eux pour Keur Madiabel. Cet engagement est exclusivement réservé au service des populations et le développement de Keur Madiabel. D’ailleurs, j’invite toutes les populations de Keur Madiabel à s’engager pour le développement local particulièrement les jeunes. Keur Madiabel a besoin de tous ses fils pour son développement.

Le secrétaire Général de votre parti, Moustapha Niasse cautionne- t-il votre démarche ?

Je vous demande d’aller sur Google et vous aurez la réponse à cette question. Dans de nombreux articles ou interviews du président Moustapha Niasse, il déclare qu’il souhaite que les jeunes prennent la relève à l’AFP. Alors, si un groupe de jeunes souhaite prendre cette relève à Keur Madiabel, le président Niasse ne peut que cautionner cette démarche. Pour ce qui nous concerne, il y'a eu la rencontre du président Niasse à Keur Tapha où toute la jeunesse était invitée avec la participation de Ibrahima Biteye et de Tidiane Ngom. Pendant cette rencontre, il a encouragé la jeunesse à prendre leurs responsabilités. C’est à partir de ce moment que notre démarche a commencé à prendre une forme. Timide au départ, elle a pris de plus en plus d’ampleur et à un moment donné, nous avons voulu la partager avec toute la population.

Au lendemain de la Tabaski, vous avez organisé une rencontre avec la population Madiabeloise, pouvez- vous revenir sur cet événement ?

Nous avons organisé cette rencontre à cette période parce qu'on s'est dit que la période de Tabaski est un moment très spécial pour les populations, un moment de retrouvailles pour tout le monde. C’est le meilleur moment pour avoir une audience plus large avec le retour des citoyens qui sont dans tout le pays et même ceux de la diaspora. La réunion était publique et la parole était donnée à tous ceux qui souhaitaient parler. Il n’y a pas eu d’insulte ni de critique envers personne. La rencontre était une grande réussite tant sur plan de la mobilisation que sur les différentes idées qui y étaient traitées. C’était aussi une sorte « d’assises locales » pour parler des problèmes de Keur Madiabel et essayer de trouver des solutions aux mêmes problèmes. Les problèmes de notre commune sont les affaires de tous. Cela nous a permis de consulter tout le monde et d’exposer notre démarche aux populations de Keur Madiabel. C’était bénéfique et conviviale.

On vous a reproché de ne pas aviser les instances de votre parti pour tenir une telle rencontre ?

Ceux qui disent cela ne connaissent pas le fonctionnement d’un parti politique. Cette rencontre était une rencontre avec toute la population madiabeloise sans distinction d’étiquette politique. C’était une rencontre publique et il y avait les jeunes, les femmes, les hommes et les politiques et la société civile. Tout le monde y était invité. Alors pourquoi aurions-nous dû demander l’autorisation du parti pour tenir une telle rencontre ?

On dit aussi que vous êtes en connivence avec Serigne Mbaye Thiam, le ministre de l’éducation nationale et responsable politique du PS ?

Je suis acteur et témoin de cette aventure depuis le début et je peux vous dire que cette affirmation est fausse et mensongère ! Elle est d’une calomnie inouïe et grave. On ne pensait jamais que nos détracteurs tomberaient aussi bas dans la calomnie et le mensonge. Mais c’est le jeu politique et nous l’acceptons comme tel. Mais, ce que je peux vous dire : personne n’est derrière nous. Ceux qui nous connaissent, y compris ceux qui nous accusent, savent très bien que nous ne marchons jamais dans des combines ou des calculs politiques. Mais dans cette dynamaique, nous tendons la main à tout le monde, les forces politiques et non politiques de Keur Madiabel. On raconte beaucoup de mensonges sur nous. Ils ont aussi raconté que nous travaillons avec des journalistes sur ce site internet. Encore un autre mensonge. Honnêtement, ils méritent des oscars pour toutes leurs spéculations mensongères depuis qu’on a commencé. Je leur dirai seulement « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque-chose ». Il existe une règle simple dans la politique : plus vos activités ou actions font du bruit, mieux c’est pour vous. Aujourd’hui, c’est le cas avec notre démarche.

Nous avons une ambition pour Keur Madiabel et rien ni personne ne pourra nous détourner de cet objectif. Notre engagement est désintéressé et il est exclusivement pour le service des populations madiebeloises et de la commune.

Certains disent qu'Ibrahima Biteye a annoncé sa candidature très tôt. Que répondez -vous à ceux- là ?

Avez- vous entendu une fois Ibrahima Biteye dire qu’il est candidat à quoi que ce soit ? Non. Alors ce qui s'est passé est simple : Un groupe de personnes s’est formé pour proposer une nouvelle alternative politique et de gestion pour la commune et dans ce groupe il y a plusieurs personnes qui ont les capacités et les compétences requises pour assumer des responsabilités dans une équipe municipale. Cependant, comme l’a dit notre camarade et frère Elhadji Sokhna sur tous les critères qui font d’une personne un bon chef d’équipe, c’est le profil d’Ibrahima Biteye qui est sorti du lot naturellement par son parcours politique et associatif et par ses compétences. Aujourd’hui, il préside l’équipe et tout se passe normalement. Mais, au moment venu, nous allons faire un choix avec responsabilité et intelligence.

Quel est aujourd’hui votre plan d’action malgré les difficultés que vous rencontrez ?

Notre plan d’action est simple, nous allons continuer à travailler et mobiliser la population pour notre démarche. Et, je peux vous assurer que des personnes nous rejoignent tous les jours. Nous sommes en train de chercher des partenaires pour divers projets. Et présentement, nous avons établi des contacts en France pour des partenariats qui vont nous accompagner sur des projets pour la commune. Au moment venu, nous exposerons tout cela aux populations. La politique est un rapport de force où la majorité a le dernier mot, nous sommes confiants de notre force politique sur le plan local. Aujourd’hui, nous sommes à l’AFP et notre objectif est d’y rester et de s’y battre. Cela dit, si on continue de nous combattre et de nous persécuter avec ces méthodes indignes, injustes, abjectes et ignobles, nous allons réagir même si on s’est fixé comme règle de conduite de ne jamais se verser dans des invectives ou dans des querelles de borne-fontaine. Nous respectons tout le monde. Mais ce qui se passe aujourd’hui est très grave. Si on peut douter de l’engagement, la fidélité et la loyauté d’une personne comme Tijane Ngom, le secrétaire général local des jeunes pour le parti et son secrétaire général le président Moustapha Niasse. Si on peut aussi douter de l’engagement d’Ibrahima Biteye qui est là depuis la création du parti, qui s’est battu et a occupé beaucoup de responsabilités dans le parti et dans les mouvements du parti. Tous les autres, Mbaye Diolfo, Pape Souleye, Elhadji Sokhna pour ne citer que ceux- là, ont le même engagement et ont consenti les mêmes sacrifices ou plus. Alors, c'est très grave. En ce qui me concerne, j’ai un engagement politique depuis mes 14 ans un soir de 1999 quand deux grands messieurs, Mbaye Biteye et Seyni Ba, avaient lancé « Perspective 2000 » pour appeler à la candidature de Moustapha Niasse aux élections présidentielles de 2000. J’ai continué le même engagement et la même détermination au collége et lycée, à l’université et plus tard en France. Mon engagement sur les réseaux sociaux m’a valu des attaques, des insultes et même des menaces de mort.

Donc, si on nous accuse, malgré un engagement et tous les sacrifices consentis, de comploter ou d’être en connivence avec un autre responsable politique pour déstabiliser le parti, nous accusons le coup. Cela dit si on ne veut plus de nous à l’AFP, au moment venu nous prendrons nos responsabilités. Mais, ce qui est clair, c’est que ni rien ni personne ne pourrait nous détourner de notre objectif.

Quel est votre programme pour Keur Madiabel si vous êtes élu à tête de la mairie ?

Il est trop tôt pour parler de programme mais je vous garantis qu’on travaille pour mobiliser toutes les ressources humaines de Keur Madiabel et au moment venu nous allons proposer des choses concrètes sur tous les secteurs à savoir éducation, santé, éclairage public, jeunesse et sports. Nous travaillons aussi pour l'autonomisation des femmes, qui sont les pilliers des familles et de notre économie locale.

S’adressant à la jeunesse de son parti, Moustapha Niasse avait déclaré “Préparez-vous à prendre la relève le plus rapidement possible. Ma carrière est derrière moi". L’Afp survivra-t-il à l'après Moustapha  Niasse?

Si vous interrogez l’histoire politique, vous verrez que l’AFP a joué des rôles essentiels dans la politique sénégalaise. Sur les deux alternances qu’a connu notre jeune nation, l’AFP et son secrétaire y ont joué des rôles clés. Son leader est un personnage politique avec un CV et un parcours impressionnants aussi bien sur le plan national qu’international. Donc, Il sera difficile de le remplacer, mais il sera succédé un jour car rien n’est éternel dans la vie. Il faut savoir qu’en politique deux choses sont essentielles : les compétences et la représentativité. Mais au Sénégal, une autre chose est primordiale : les moyens financiers pour entretenir un parti politique. Je pense qu’il y'a pas mal de personnes dans le parti qui remplissent ces conditions.

Quelle analyse faites-vous des différents candidats aux prochaines élections présidentielles ?

Macky Sall: dans une élection présidentielle, au Sénégal, le président sortant est toujours favori. Mais, s’il est au deuxième tour, il sera en ballottage défavorable. Pour ce qui est des faits, le président Macky Sall a un bilan social correct : bourse sociale, CMU, les programmes PUDC et les réalisations concrètes sur le plan des infrastructures : Diamniado, Illa Touba etc. Mais, ça pèche beaucoup pour l’emploie surtout celui de jeunes, il y a beaucoup de problèmes dans l’enseignement à tous les niveaux, le secteur de la santé aussi. On note aussi la creation d'institutions budgétivores pour caser des alliés politiques, des nominations de complaisance. Il y a aussi pas mal de scandales : COUD, POSTE, PRODAC etc. Le slogan « gestion sobre et vertueuse » est vraiment oublié.

Idrissa Seck: il était bien parti mais l’histoire de "Makka/Baka" lui a beaucoup porté préjudice. Cet épisode a divisé le pays et il s’en remettra difficilement. Mais, en politique, il y a toujours des surprises.

Ousmane Sonko: il semble être le candidat anti système, du moins, il l'incarne. Ce qui le rend attractif. Il se positionne de plus en plus comme le principal challenger de Macky Sall. Il est très adulé dans les réseaux sociaux et par beaucoup de jeunes. cependant, son discours un peu nationaliste et anti européen est pour moi un danger. C’est mon point de vue. Sa vision économique avec la sortie du CFA ne me séduit pas non plus. Je pense qu’il faut une indépendance économique avant de parler d’indépendance monétaire. J’espère pour lui et pour le Sénégal que son discours évoluera.

Khalifa Sall:  je ne vois pas comment il peut gagner une élection en étant en prison. On dit qu’une élection présidentielle est la « rencontre d’un homme et d’un peuple ». Cette fameuse rencontre est impossible depuis une prison. Ses partisans essaient tant bien que mal d’occuper les réseaux sociaux et les médias, mais cela ne suffirait pas.

Karim Wade: Il aurait eu beaucoup de chance s’il était venu au Sénégal depuis longtemps. Car le PDS est le principal parti de l’opposition. Mais, il a laissé son père et le PDS porter le combat. Ce qui fait que des voix autorisées au PDS ont demandé un plan B pour remplacer sa candidature. Sur le plan judiciaire, il n’a pas encore fini avec ses problèmes.

Malick Gackou: il fait un programme structuré mais le contenu, que ses militants me pardonnent, est un peu utopique sur pas mal de points. Gackou propose 120 mille francs / an aux jeunes de 18 à 30 ans, à tous les étudiants une bourse de 50 mille, 600 mille francs/ année pour les retraités, prime de naissance : 25 mille, fond de solidarité diaspora 1000 milliards etc. Je pense qu’il confond le Sénégal aux pays du golfe.

Les autres candidatures, je ne les connais pas assez pour en parler.

 

Propos recueillis par M.D